jeudi 13 novembre 2014

Solidays : « Il n'était pas là pour pécho. »


                                  
  En ces temps où les relations charnelles sont omni recherchées, jusqu’à investir les formes de nos gels douche, il est difficile de ne pas être tenté par la volonté de s’accoupler, même le temps d’un soir. Le bon vieux « plan cul » estival est monnaie courante.

Solidays n’échappe à pas à la règle, ce festival urbain est l’occasion de toutes les débauches sexuelles depuis maintenant une quinzaine d’années. Celle-ci est pleinement assumée par l’équipe de Radio-Camping. « A la base on voulait juste éviter de l’expansion du VIH, mais à force d’explications sur les moyens de contraception, très tôt dés le matin, on a remarqué qu’on favorisait surtout les relations sexuelles dans les tentes. On assume parfaitement notre surnom de tente-hateur ».

Le programmateur du festival avoue même que le choix des artistes est totalement aléatoire « On s’en tape, ils viennent gratos, on va pas se faire chier à faire venir Didier et son accordéon. Non faut être franc, les gens sont là pour baiser. Mais c’est pas une raison pour par faire mine d’être un festival comme les autres. Après des fois ouais je place des merdes pour déconner dans la prog, j’avoue avoir été un peu loin l’année dernière avec David Guetta. Au pire je balance aux festivaliers qu’on est un festival éclectique et ça passe…»

Cette programmation décousue n’en décourage pas les plus jeunes. Les Parisiens lassés des sites de rencontre voient à travers ce festival l’occasion de passer enfin à l’acte. « Ya une meuf qui m’a dit que j’étais P.D devant une musique électro, je lui ai proposé de l’embrasser pour lui prouver ma virilité, elle a refusé. Pas grave j’ai fait des pogos avec elle pour me sentir proche physiquement, ça compense » avoue Kévin, jeune barbu blond au pull rouge qui fête tout juste son CAP cuisine.

L’Histoire aurait pu s’arrêter là, mais cette année connut une exception. « Un cas… particulier » comme hésite encore à le prononcer Patrick, le responsable de la croix rouge.

Jean-Eudes (prénom d’emprunt) venait de fêter son master en sciences économiques du territoire malgache. Les épreuves ont été très éprouvantes et la rédaction de son mémoire non sans peine. « Il avait pas baisé depuis des mois, il commençait même à fantasmer sur les tenues de Jenifer dans The Voice » raconte un de ses proches. Dans cette situation, les poches pleines, on se serait attendu à ce que Jean-Eudes veuille les vider sur une charmante compagnie, mais le drame survint durant une pause pipi. « Bon les gars, on se dépêche ya Vitalic qui joue, je suis pas là pour pécho moi ». Hilarité générale dans les Vespasiennes, la « blague » passe bien, mais très vite la peur s’installe… « On a remarqué qu’il n’avait pas rit lui même à sa propre joke, là c’était chelou. ».

Direction les premiers soins, une radio d’urgence des testicules et des tests de virilité, mal vécus par le petit frère. « J’ai vraiment eu peur qu’il bande devant les photos de Ruquier, mais au fond maintenant j’aurais préféré… ». « On a tout essayé » affirme l’urgentiste Pascal Couture. « 2 secouristes femmes se sont même sacrifiées pour se rouler un patin devant lui, RIEN ne l’excitait » Pis encore, l’homme était insistant, souhaitant assister à davantage de concerts, comme celui de Fauve sans même alpaguer la moindre fan jeune pubère. « Non, sérieusement, mais qui veut écouter un mec qui raconte sa vie avec un micro en faisant mine de chanter ? » s’insurge, Antoine De Caunes, le président d’honneur. La suite du week-end fut vraiment éreintante pour ses complices. Jean-Eudes devenait de plus en plus incontrôlable, il voulait tout voir, tout écouter, de Vanessa Paradis à Rodrigo et Gabriella. Il aurait même voulu boire du thé à la menthe avec des pâtes de Gazelle.

Il créa pendant un moment l’espoir d’un revirement en proposant à ses acolytes de s’envoyer en l’air par groupe de quatre. Acceptant sans hésiter, ceux-ci se retrouvèrent à faire la queue pour le saut à l’élastique. « On s’est senti un peu con sur le moment, c’était trop beau» confie Rodrigue, son collègue de promo. « Ha non l’enfoiré, il nous a vraiment emmerdé avec sa mélomanie passagère, l’année prochaine, c’est boule Quiés ou Bob Sinclair pour lui, sinon il vient pas » confirme la jeune bande.




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